Ce qui a changé

Le 20 octobre 2026, deux informations distinctes illustrent une même difficulté de diagnostic pour l’exécutif français. D’une part, Emmanuel Macron a entamé un voyage dans les pays du Golfe pour « sécuriser les approvisionnements énergétiques » de la France, alors que le pays traverse une crise sociale et énergétique majeure. D’autre part, des tensions internes portent sur le rôle de La France Insoumise (LFI) dans le mouvement social et sur l’éventualité d’une dissolution du mouvement.

Pourquoi c’est important

Selon l’analyse publiée par Maghreb Émergent, le voyage au Golfe repose sur une erreur de diagnostic : ni les approvisionnements ni les prix du pétrole ne dépendent uniquement des pays du Golfe. Les interlocuteurs logiques seraient plutôt les États-Unis, l’Iran ou les Houthis, tandis que la guerre israélo-américaine contre l’Iran produit des secousses dont les répliques ne sont pas près de s’estomper.

Sur le plan intérieur, Maghreb Émergent rapporte des révélations de Mediapart selon lesquelles des services de sécurité auraient reçu l’injonction d’accuser LFI d’être derrière la colère sociale. Un officiel du renseignement territorial cite, dans un document consulté par Mediapart, une demande d’écrire que LFI est à l’origine du mouvement alors que cela serait « objectivement faux ». Le coordinateur national de LFI, Manuel Bompard, a annoncé saisir la Cour de justice de la République contre le ministre Nuñez pour abus d’autorité. Bruno Retailleau et Gérard Larcher ont évoqué une dissolution de LFI, ce que l’analyse interprète comme une tentative d’éliminer Jean-Luc Mélenchon de la course présidentielle.

Parallèlement, TSA — Tout sur l’Algérie indique que la France s’est tournée vers l’Algérie pour obtenir en urgence du gaz naturel liquéfié (GNL) et du pétrole. L’Algérie pourrait augmenter ses livraisons de pétrole, mais ses capacités en GNL sont limitées par les obligations contractuelles de Sonatrach envers d’autres clients. Le prix du gaz en Europe se rapproche des 90 dollars le MWh, contre 32 euros en février avant le déclenchement de la guerre en Iran.

Ce qu’il faut surveiller

Il faut observer si l’Algérie parviendra à accroître rapidement ses livraisons de GNL à la France, compte tenu des contraintes contractuelles et logistiques, et si la demande française se portera davantage sur le pétrole. Il faut aussi suivre les suites judiciaires et politiques des accusations visant LFI, ainsi que l’évolution du mouvement social porté par des lycéens, des jeunes, des travailleurs et des citoyens précarisés, qui dépasse selon l’analyse les cadres partisans.

Ces éléments ont été recoupés à partir de deux domaines d’information indépendants : l’analyse politique de Maghreb Émergent et l’information énergétique de TSA — Tout sur l’Algérie. Certaines allégations, notamment celles issues de Mediapart et rapportées par Maghreb Émergent, reposent sur des documents consultés par des tiers et n’ont pas été vérifiées directement par la rédaction.